Auteur : Carlos Ruiz Zafon
Editeur : Robert Laffont
Collection: -
 
Marina
 
«Pour une raison bizarre, sans qu'on sache se l'expliquer, on se sent parfois plus proche d'un de ses enfants. De tous les livres que j'ai écrits, Marina est l'un de mes favoris. Au fur et à mesure que j'avançais dans l'écriture, tout dans cette histoire prenait peu à peu le goût des adieux, et quand je l'eus terminée, j'eus l'impression que quelque chose était resté au fond de moi, quelque chose qu'aujourd'hui encore je ne peux définir mais qui me manque chaque jour.»

 

Carlos Ruiz Zafón

 

Dans la Barcelone des années 1980, Óscar, quinze ans, a l'habitude de fuir le pensionnat où il est interne. Au cours de l'une de ses escapades, il fait la connaissance de Marina. Fascinée par l'énigme d'une tombe anonyme, Marina entraîne son jeune compagnon dans un cimetière oublié de tous. Qui est la femme venant s'y recueillir ? Et que signifie le papillon noir qui surplombe la pierre tombale ? S'égarant dans les entrailles d'une terrifiante cité souterraine, s'enfonçant dans les coulisses d'un inquiétant théâtre désaffecté, Óscar et Marina réveillent les protagonistes d'une tragédie vieille de plusieurs décennies.



Mon avis

Lors de la sortie en poche de L'ombre du vent du même auteur, j'avais vraiment craqué pour son univers et son style. Alors voici son dernier, mais son premier. Si Marina est pour nous, lecteurs francophones, le dernier livre de Zafon, il fait pourtant parti de ses premiers écrits.

On sent que le style de l'auteur est un peu trouble, flou dans ce livre. Des images ne nous paraissent pas claires, quand Oscar se trouve au cimetière ou au théâtre royal il y a des scènes qui nous apparaissent floues, alors qu'il se passe justement énormément de choses, on a de la peine à situer les personnages dans ces actions. En parlant d'action, si vous en voulez, vous en aurez. Il se passe toujours quelque chose, on se demande d'ailleurs quand dort notre protagoniste entre toutes les courses poursuites qu'il entreprend avec Marina. Rare sont les moments de répit.

L'écriture est fluide est agréable à lire. Je suis toujours à la recherche de fautes durant mes lectures, et là, je n'ai rien vu qui me saute aux yeux, comme pour certaines autres lectures.
Durant le roman on fait place a beaucoup de possibilités sur l'origine de ce papillon noir, de cette tombe sans nom et des pantins. Même si le livre se déroule, les pieds ancré dans la réalité, il y a beaucoup de choses qui nous semblent irréalistes.

Il y'a de l'originalité, mais il y a tout de même un arrière goût de déjà vu. Comment m'expliquez correctement sans dévoiler des points importants de l'intrigue. Ces pantins fait de bois et de chaire humaine nous rappel tout de même ces histoires de zombies bien connues. Etant une personne assez peu attiré par ce genre de récit, j'ai été agréablement surprise, et même effrayée à certains passages. Heureusement que le personnage de Marina me rassurait à chaque fois. Elle est la douceur et la pureté incarnée. Contrairement à Oscar qui me faisait beaucoup penser à Oliver Twist, sale et enfant issu de la rue, alors que ce n'est pas du tout le cas. Mais il arrive toujours a aller se fourrer dans des situations dont Marina doit venir le sauver. J'ai adoré German, le père de Marina, qui nous donne vraiment l'impression d'être issu d'une autre époque.

Pour être allée à Barcelone une fois, j'arrivais très bien a visualiser les endroits ou se déroulaient les scènes, c'est ce que j'ai trouvé très agréable. On sent la pluie qui nous tombe dessus durant une poursuite, la boue qui fait surgir des traces de pas, Zafon nous immerge entièrement dans son univers, sombre, mélancolique mais aussi joyeux et magique à la fois.

Au final c'est une très belle lecture. Qui m'a fait vivre des aventures morbides comme magnifiques. On passe par beaucoup de sensation en le lisant. J'ai vraiment bien aimé. Je le conseil si on aime quand les romans sortent de leur réalité.

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